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Dans leurs missions, les bâtiments de la Marine Nationale sont régulièrement conduits à porter assistance à des embarcations d'immigrés clandestins en difficulté. Cette situation, courante en Europe, s'est récemment produite en océan Indien. La frégate FLOREAL, engagée dans l'opération européenne ATALANTE, a mené une action de secours en mer dans un contexte complexe. Au-delà de la dimension humanitaire, cet évènement illustre les indispensables qualités diplomatiques des commandants de bâtiment pour gérer ce type de situation.
Dans le cadre de la recherche de pirates (opération Atalante), le Floréal visite, le 19 mars 2009, une embarcation isolée, découverte en zône de responsabilité yéménite pour le sauvetage. Il constate la présence d'une centaine de migrants, la plupart d'origine éthiopienne, entassés dans des conditions précaires. Le bateau est dans un état préoccupant (voie d'eau mal maîtrisée et moteur en panne). Compte tenu de l'urgence et du risque de panique à bord, le commandant du Floréal , en accord avec la chaîne de commandement Atalanta, considère ces personnes comme des naufragés et décide d'en transférer la responsabilité aux autorités yéménites, au plus près, à Aden.
Le commandant du Floréal négocie, difficilement, ce transfert. En effet, les autorités locales sont peu enclines à accueillir des naufragés qu'elles considèrent comme des immigrés illégaux. La situation est finalement débloquée dans la soirée du 21 mars quand, autorisé à pénétrer dans les eaux territoriales yéménites, le Floréal peut confier les naufragés aux gardes-côtes yéménites.
Dans cette phase visant à faire évoluer l'attitude de Yéménités, le commandant a mené une action locale directe, et sa démarche a bénéficié du soutien efficace de la chaîne de commandement de la mission Atalante, de l'Union européenne, des représentations diplomatiques française et britannique, très implantées localement, de l'U.N.H.C.R. dans un souci de garantir le statut de naufragés aux passagers. Entre temps, le Floréal a assuré la sécurité de l'embarcation, des réparations d'urgence et le soutien sanitaire des pasagers.
(Texte extrait d'une "brève Marine" n° 90 du 30 avril 2009 diffusée par les autorités supérieures de la Marine Nationale)
Commentaire du rédacteur de ce poste : Ceci prouve, s'il en était encore besoin, que la Marine Nationale est sur tous les "fronts", et que, bien que sa raison d'être initiale soit militaire, elle assure aussi bien d'autres missions, en particulier des missions humanitaires.
Vous vous demandez à quoi correspond ce signe : Q790 ? La photo ci-contre doit vous mettre sur la voie, mais je vous explique.
Lorsqu'un bateau est retiré du service et mis à la réforme en raison de son âge, les services de la Marine lui retirent tous les appareils et armements qui en faisaient un bateau, et à plus forte raison un bateau de guerre. Et on lui retire également son nom de baptème.On dit qu'il est "désarmé". Il ne reste donc plus, après ce désarmement, qu'une coque vide et déshabillée, et c'est cette coque nue qui est rebaptisée par une lettre et un numéro. Le n° Q790 est en fait le nom de la coque de l'ancien porte-avions Clémenceau.
Tout le monde se souvient certainement de la triste épopée de ce bateau désarmé qui devait être déconstruit en Inde, et des actions entreprises par Greenpeace et une autre association écologique, amplement relayées par les médias, pour empêcher cette déconstruction et pour le faire revenir en France. Il était donc revenu et depuis son retour, il était "stocké" dans l'arsenal de Brest. Il était évident qu'il ne pouvait pas rester indéfiniment dans un coin de l'arsenal à rouiller et déparer le paysage. Je rappelle néanmoins que le Q790 avait été partiellement désamianté à Toulon avant son départ pour l'Inde, puisqu'on lui avait retiré toute l'amiante accessible avant déconstruction.
Le ministère de la défense avait par conséquent lancé en 2007 un appel d'offres pour son démantèlement en Europe. C'est la société britannique Able UK qui avait emporté le marché devant notamment un opérateur français. Ils ne restait plus qu'à remorquer le Q790 jusqu'à Hartlepool, dans le nord-est de l'Angleterre, où se trouve le chantier.
Mais là, d'autres asscociations écologiques se sont manifestées : Fiends of Hartlpool, qui engageait une procédure judiciaire pour empêcher l'implantation d'une filière de déconstruction de navires. Procédure rejetée par la justice anglaise. Puis une association française, AE2D, située dans le Finistère, déposait un recours devant le tribunal administratif de Rennes pour s'opposer au départ du navire, contestant la compétence du chantier britannique à effectuer sa déconstruction dans le respect des normes environnementales. Recours rejeté par le tribunal administratif. Puis nouveau recours concernant des algues qui s'étaient collées à la coque du bateau et qu'il était exigé d'enlever. Finalement, le Q790 a été remorqué en Angleterre et se trouve à Hartlpool. Bien entendu, la presse s'est étendue largement sur ces avatars et sur les difficultés rencontrées par le gouvernement français pour parvenir à une solution concernant l'ex-Clémenceau.
Dans même temps, en parallèle avec le tintamarre et l'amoncellement d'exigences et de "peaux de bananes" dont l'ex-porte-avions était l'objet, l'ancien paquebot France, devenu
le Norway, était envoyé en Inde pour déconstruction. A signaler qu'il n'avait pas été désamianté du tout avant son départ et qu'il comportait encore plus d'amiante que notre Q790. Et curieusement, cet acheminement du Norway en Inde n'a provoqué qu'un silence assourdissant de la part des associations écologiques, Greenpeace en tête, qui s'en sont royalement désintéressées. Et quelques murmures à peine audibles des médias. Pourtant le Norway allait être désamianté et déconstruit dans le même chantier où le Q790 devait l'être, par les mêmes ouvriers, mais dans des conditions techniques bien différentes puisque, il faut le rappeler, la France avait prévu, dans le contrat de déconstruction de l'ex-Clémenceau, la fourniture de toutes les protections nécessaires aux ouvriers pour le désamiantage et la présence de spécialistes français sur place pour veiller au respect des procédures de sécurité.
Ne trouvez-vous pas curieux ce silence des associations écologiques qui étaient si virulentes contre le départ du Q790 ? Devrait-on en conclure que tout le tintamarre de ces associations, de ces justiciers, de ces Don-Quichotte, était soigneusement orchestré et orienté contre le gouvernement français et la Marine française ? Bizarre que ce qui était considéré comme inadmissible pour la déconstruction en Inde de l'ex-Clémenceau est devenu maintenant tout à fait normal pour la déconstruction du Norway !
Question : Et s'il y avait de la politique, là-dessous ?
Un ami m'a envoyé récemment le texte d'une petite chanson qui m'a "remué les tripes" (excusez l'expression), disons qu'elle m'a beaucoup ému. J'ai trouvé que les paroles poétiques de cette chanson correspondent bien à ce qu'était ma situation lorsque j'étais en activité dans la Marine, car c'est vrai mon épouse de maintenant, qui était alors ma "copine", m'attendait très souvent. Elle passait plus de temps à m'attendre que temps à être avec moi.
Mais, consolation, nous nous écrivions tous les jours. Elle, elle expédiait ses lettres chaque jour, et lorsque nous arrivions dans un port d'escale, le paquet de lettres m'était remis par le vaguemestre. Il avait été acheminé par la poste navale. Quant à mes lettres, je les stockais à bord et je les expédiais en une seule fois à la prochaine escale.
Voici donc cette chanson qui m'a rappelé ma jeunesse : elle s'intitule ENFANT DU VOYAGE
Enfant du voyage,
Ton lit, c'est la mer,
Ton toît, les nuages,
Eté comme hiver.
Ta maison, c'est l'océan,
Tes amies sont les étoiles.
Tu n'as qu'une fleur au coeur
Et c'est la rose des vents.
Ton amour est un bateau
Qui te berce dans ses voiles,
Mais n'oublie pas pour autant
Que l'on t'attend.
Enfant du voyage,
Ton coeur s'est offert
Au vent, aux nuages
Là-bas, sur la mer.
Mais tu sais que dans un port
Tremblant à chaque sirène,
Une fille aux cheveux d'or,
Perdue dans le vent du Nord,
Une fille aux cheveux d'or
Compte les jours et les semaines
Et te garde son amour
Pour ton retour.
Elle n'est pas nouvelle, cette chanson, mais à chaque fois que j'en lis ou que je m'en remémore les paroles, elle me fait craquer. Peut-être est-ce cela la nostalgie ... ou la sénilité ?
Le Tanit
était parti de Vannes en Juillet 2008 pour Zanzibar. Le 10 avril 2009, une opération militaire a permis la libération du voilier de plaisance, piraté lorsqu'il traversait le golfe d'Aden.
Le 4 avril 2009, le Tanit est à 450 nautiques, environ 700 kms, des côtes orientales de la Somalie lorsqu'il est attaqué. Le 6 avril, alors qu'il ne répond plus depuis deux jours, un avion de patrouille maritime permet de localiser le voilier à 280 nautiques des côtes somaliennes (Ras Hafun) et de confirmer la présence de pirates à bord.Une cellule de crise est armée au Centre de Planification et de Conduite des Opérations à l'état-major des armées pour diriger les opérations. Les moyens navals nationaux déployés dans la région reçoivent l'ordre de rejoindre la zone où se trouve le Tanit. Sont ainsi mobilisés la frégate de surveillance Floréal, déployée dans le cadre de l'opération Atalante, l'avison Commandant Ducuing et la frégate de type La Fayette Aconit, en mission dans le cadre de la Task-Force 150. L'avion de patrouille maritime, un Atlantique 2, reste en soutien des opérations.
Le 8 avril, les trois bâtiments, renforcés par un détachement de commandos marine, sont à proximité du Tanit. Un premier contact radio est pris avec les pirates et les otages. Les pirates, menaçants et très déterminés, disent vouloir rejoindre la côte somalienne. Les nombreuses propositions qui leur sont faites au cours de la négociation sont rejetées. Le Tanit, sous voiles, se rapproche des côtes somaliennes. Pour donner encore du temps aux négociations, la décision est prise d'immobiliser le bateau. Les militaires français réalisent un tir de précision sur le mât du voilier et font tomber la voilure. Le Tanit, stoppé, dérive.
Le 10 avril, les contacts avec les pirates se poursuivent, mais ceux-ci continuent à refuser toute transaction. Le courant rapproche le Tanit des côtes somaliennes desquelles il sera bientôt à moins de 30 kilomètres, ouvrant la possibilité pour les pirates de débarquer les otages et de bénéficier éventuellement de renforts provenant de la côte. Suivant les instructions du Président de la République, l'ordre est donné de reprendre le Tanit avant la nuit.
Vers 15 H 30 heure de Paris, l'opération est lancée. Elle combine l'action de tireurs d'élite et d'un groupe d'assaut. Quatre otages sont libérés sains et faufs. Le skipper du Tanit est malheureusement mortellement touché. Deux pirates sont tués, les trois autres, dont deux blessés, sont capturés. Ils seront remis à la justice française. Les plaisanciers libérés et l'enfant sont recueillis à bord de l'Aconit avant d'être transférés vers Djibouti puis la France où ils sont arrivés le dimanche 12 avril.
Rappel : Cette opération est la troisième intervention de vive force conduite par les forces armées françaises au large de la Somalie. La première, sur le voilier Ponant piraté le 4 avril 2008, avait permis la libération de ses trente membres d'équipage et l'interception de six pirates. La seconde, sur le voilier de plaisance Carré d'As piraté le 2 septembre 2008, s'était soldée par la libération de ses propriétaires, un couple de français et l'interception de six pirates, dont l'un avait été tué durant l'opération.
(Photo et texte extrait d'un article paru dans le magazine COLS BLEUS n° 2906 du 25 avril 2009)
LA MISSION CORYMBE
Depuis 19 ans, la Marine Nationale maintient un navire dans le golfe de Guinée au titre de la mission Corymbe. Il s'agit actuellement du Bâtiment de Projection et de Commandement Tonnerre, qui a pris le relais depuis le 2 mars du Transport de Chalands de Débarquement La Foudre.
Corymbe est une mission permanente mise en place en 1990. Depuis cette date, un bâtiment de la Marine Nationale est toujours présent dans le golfe de Guinée, dans une zone qui s'étend du Sénégal au nord des côtes de l'Angola. Il est associé à un avion de patrouille maritime basé à Dakar.
A l'origine, cette mission a été conçue pour entretenir les liens entre la Marine française et les marines des pays francophones du golfe et pour préserver les intérêts économiques français sur la zone, notamment ceux liés à l'exploitation pétrolière. En fait, au fil des années et des évènements, la mission a évolué. Tout en gardant ses buts initiaux, elle prévoit bien d'autres interventions, comme nous allons le voir ci-dessous.
Les bâtiments déployés en Corymbe remplissent maintenant six missions principales :
- Ils se tiennent prêts, en liaison avec les forces françaises prépositionnées, à évacuer en cas de nécessité, les ressortissants français et européens résidant dans les pays du golfe de Guinée.
- Ils conduisent des entraînements mutuels avec les forces françaises stationnées au Gabon (Libreville) et les forces françaises du Cap-Vert (Dakar), notamment à des manoeuvres aéronautiques et amphibies.
- Ils patrouillent de manière ostensible dans les eaux du golfe de Guinée, dans le but de dissuader les actes de piraterie et de brigandage maritime. Ils sont en contact permanent avec les navires de commerce français présents sur la zone dans le cadre du contrôle naval volontaire.
- Corymbe est un moyen pour la France de renforcer son action diplomatique, notamment par l'organisation de rencontres officielles à bord des bâtiments ou des actions civilo-militaires ponctuelles. Elle permet également de former le personnel militaire local par des exercices communs et des périodes d'instruction opérationnelle.
- Enfin, les bâtiments déployés en Corymbe se tiennent prêts à intervenir à tout moment, par exemple dans des opérations de lutte contre le narcotrafic. En 2008, le Tonnerre a saisi plus de 5 tonnes de cocaïne lors de sa précédente mission Corymbe.
Ce texte qui émanait de la Marine Nationale est daté du 10 Avril et donc un peu ancien. Ilconvient de le rmettre à jour : en fait le B.P.C. Tonnerre a passé le relais de la mission à un autre navire le 23 Avril et il fait route certainement maintenant vers son port-base pour un repos bien mérité.
S.N.S.M. : SOCIETE NATIONALE DE SECOURS EN MER
Oui, les marins de la S.N.S.M. , comme les marins des remorqueurs de Haute Mer sont réellement de vrais marins : ils ne partent en mer que lorsque la tempête fait rage et qu'il y a des bateaux en danger. Et je tiens à rendre hommage à ces marins d'excellence, et en particulier à ceux de la S.N.S.M. qui sont tous des bénévoles.
Leurs seul souci, c'est de sauver des vies.
Un exemple ? Le 18 novembre 2008, le CROSS signale deux personnes de 68 ans à bord de l'Ombre, un voilier de 8 mètres échoué sur les rochers entre le fort Enet et Fourras, pointe de la Fumée. Pierre Privat, président de la station SNSM de l'Ile d'Aix, connaît bien ce secteur, les fonds et les courants.
La SNS 288 Pierre Fleury informe le Cross et appareille à 18 heures. Sur zone, les sauveteurs mouillent à 300 mètres au vent du voilier et tentent en approche avec l'annexe (un petit canot), très difficile à cause des faibles fonds et le vent souffle force 5 dans deux mètres d'eau. Ils embarquent l'épouse du skipper, une Autrichienne très agitée et parlant mal le français. La SNS 288 tente de se rapprocher pour passer la remorque mais il y a trop peu de fond et cela mettrait la vedette en danger. Le Cross décide de faire hélitreuiller le skipper qui refuse l'assistance des sauveteurs. La SNS 288 reste sur zone pour indiquer la route à l'hélicoptère et éclairer le voilier avec son projecteur. Ils ne peuvent plus communiquer avec le skipper car il n'a pas de VHF et son épouse a débarqué en emportant le portable dans sa poche... Une fois le skipper hélitreuillé, le pilote demande aux sauveteurs de ramener son épouse à l'Ile d'Aix où il va se poser pour l'embarquer. Comme il n'y a pas de voiture sur l'île, Pierre Privat prend son vélo et emmène sur son porte-bagages l'épouse du skipper (qui ne sait pas faire du vélo) jusqu'à le DZ (Drop Zone) où l'hélicoptère se pose.
Les sauveteurs sont de retour à 22 h 30, heureux d'avoir sauvé deux personnes, mais déçus d'être rentrés sans le voilier. Il faut vider l'eau embarquée pendant les différentes manoeuvres pour tenter de s'approcher du voilier.
Peu avant 9 heures, le 19, le CROSS appelle la station pour dire que les naufragés de la veille, sortis de l'hôpital de La Rochelle, viennent de voir leur voilier partir à la dérive vers Oléron. Quinze minutes plus tard, la SNS 288 reprend la mer. Les sauveteurs arrivent sur zone, dans l'ouest de l'île Madame et s'approchent avec prudence, le sondeur indiquant 2 mètres. Ils inspectent le voilier qui contient beaucoup d'eau et le sécurisent sur corps-mort après avoir pompé près de 1 000 litres d'eau ... Le propriétaire et sa femme ayant rejoint l'Ile d'Aix, les sauveteurs les conduisent à bord de l'Ombre et vérifient le bon fonctionnement du moteur avant de rentrer au port.
C'est pas du dévouement, ça ? Et tout cela gracieusement, sans accepter le moindre pourboire et malheureusement, trop souvent, avec des reproches (quand ce ne sont pas des actions en justice) parce que au cours des manoeuvres, dans un temps épouvantable, les gars de la SNSM ont légèrement détérioré le bateau des imprudents.
Incroyable, direz-vous ? Eh bien, c'est peut-être incroyable, mais c'est vrai !!!
Alors, BRAVO LA S.N.S.M. QUI NE PEUT FONCTIONNER QUE GRACE AUX DONS QUE VEULENT BIEN LUI FAIRE LES GENS COMME NOUS QUI SAVENT QUE CE N'EST PAS DE L'ARGENT JETE PAR LES FENETRES. Alors, faites comme nous, soyez généreux pour la SNSM, ils ont besoin de nos dons pour renouveler leurs vedettes, pour acheter du matériel de sauvetage, pour continuer à sauver des vies, quoi !
(Le récit du sauvetage a été relevé sur la revue trimestrielle SAUVETAGE n° 108 éditée par la SNSM)
Je suis à la disposition de toute personne désireuse d'aider la SNSM pour lui communiquer l'adresse à laquelle elle peut envoyer ses dons. Passer un message à amicalemarine.dijon@gmail.com
Dans l'un de mes textes déjà ancien, j'avais parlé des besoins de recrutement de la Marine Nationale, ces besoins s'évaluant à environ 3 500 postes par an, répartis dans toutes les spécialités, c'est-à-dire aussi bien pilotes d'aéro ou d'hélicoptère embarqués sur le porte-avion ou les B.P.C. (bâtiment de projection et de commandement) ou les frégates, puisque maintenant tous les navires un peu importants de la Marine comportent au moins un hélicoptère, voire plusieurs, que cuisiniers, secrétaires, électriciens, électroniciens, etc ... Toutes les spécialités sont concernées, soit une cinquantaine de métiers.
La Marine est donc un acteur d'importance du marché de l'emploi mais cette réalité est quelque peu méconnue. Peu de jeunes, comme peu de parents, imaginent la passionnante diversité des parcours proposés.
La passion de la mer, le service public, l'esprit d'équipage, des métiers hors du commun ... sans parler de la vie d'un marin qui, elle aussi, a un aspect peu ordinaire. Ce sont des atouts que la Marine doit faire connaître, et pas seulement dans les régions littorales. Pour des "continentaux" (comme je l'étais à l'époque où je me suis engagé, et comme je le suis d'ailleurs redevenu), la passion de la mer n'est naturellement pas évidente au départ. Mais, pour l'avoir vécu, je puis affirmer qu'on l'acquiert très vite lorsqu' on a navigué quelques années. Et lorsqu'on a quitté cette vie pour redevenir un terrien, on n'oubliera jamais les éléments contre lesquels on a combattu, les paysages somptueux que l'on a vus, les pays et les sites que l'on a visités et, c'est l'esprit d'équipage, les fortes amitiés que nous avons noués pendant ces années. En un mot, on reste marin pour ce qui nous reste à vivre.
Alors, jeunes gens et jeunes filles de 16 à 29 ans qui voulez vivre autrement, qui avez un minimum d'instruction (de 3ème au bac + 5), allez rendre visite au Centre d'Information Régional des Forces Armées (bureau Marine Nationale), le CIRFA qui est la nouvlle dénommination du BICM, de votre ville ou de la ville la plus proche. Vous y serez renseignés sur vos possibilités de rejoindre la Marine.
Quittons pour un instant les choses sérieuses, pour nous livrer à un petit divertissement.
Il y a quelques temps, pour m'amuser, j'ai composé une chanson, que j'ai baptisée "Comment croire", et qui est, comme son titre l'indique, à chanter sur l'air de "La complainte de Pablo Neruda" du répertoire de Jean Ferrat.
Oh, elle n'a pas grande valeur littéraire, elle n'en a même pas du tout, mais on peut toujours se distraire !
Le refrain : Comment croire, comment croire,
Que l'on a pu vivre ça.
On n'a pas connu la gloire,
Mais quels souvenirs on a !
1er couplet : C'était la vie militaire
Ca nous gênait nullement
On était tous volontaires
Pour respecter l'règlement.
On était disciplinés
Même si, de temps en temps,
On prenait des libertés,
Ce n'était pas bien méchant.
2ème couplet : La tenue règlementaire,
C'était bachi et pompon,
Le col bleu, la fourragère,
Et le pantalon à pont.
En hiver, notre uniforme :
La vareuse et le caban.
Pour l'été, c'était la norme,
On était vêtus de blanc.
3ème couplet : On a connu les tempêtes
Et les jours de calme plat.
Aux escales, c'était la fête :
La boisson et les ébats.
On rentrait sur le navire
Quelquefois en titubant,
La coupée fallait franchir,
Ce n'était pas évident.
4ème couplet : On a beaucoup bourlingué,
Sillonné les océans,
Et puis, on s'est fatigués.
C'est pour ça qu'on est maintenant,
Membre de notre Amicale
De marins sur le retour.
Nous, anciens de la Royale,
On s'en souviendra toujours.
Chers lecteurs, vous pouvez chanter cette modeste chanson, en privé et même en public, je ne vous demanderai pas de droits d'auteur.
Nous entrons là dans le domaine de l'AERONAUTIQUE NAVALE qui est une composante oh combien importante de la Marine Nationale, avec son porte-avions le "Charles De Gaulle" et (peut-être, un jour) un second porte-avions qui nous serait si nécessaire.
Nous passerons sur des spécialités vraiment particulières, telles que le personnel volant qui ne concerne pratiquement que des officiers ou, au moins des gradés ayant déjà une longue carrière derrière eux, pour ne parler que des spécialités rapidement et directement accessibles aux jeunes.
LES MANOEUVRIER D'AERONAUTIQUE
Le personnel "manutention d'aéronautique" participe à la mise en oeuvre et au déplacement des aéronefs embarqués Il a un emploi de manutention et de sécurité aéronautique sur les bâtiments porte-aéronefs, tel que les porte-avions, les transports de chalands de débarquement sur lesquels on trouve des aéronefs de l'armée de terre, les porte-hélicoptères, les frégates, les bâtiments de soutien. Tous les navires entrant en service aujourd'hui sont équipés d'hélicoptères : ceux-ci leur confèrent énormément de capacités opérationnelles et logistiques supplémentaires.
Le personnel de pont d'envol sur le porte-avions obéit à un ballet parfaitement orchestré. Les ordres sont transmis soit par des haut-parleurs, soit par radios portatives, soit par gestes. Chacun est reconnaissable à la couleur de son maillot et porte une très large ceinture de cuivre pour protéger les reins des trépidations.
LA MAINTENANCE AERONAUTIQUE
La famille "maintenance aéronautique" comprend trois spécialités distinctes :
- Les électromécaniciens d'aéronautique, spécialité qui comprend deux branches : celle qui veille au bon fonctionnement de bord, et celle de l'armement, chargée des missiles, canons et autres systèmes d'armes,
- Les électoniciens d'aéronautique, qui assurent la maintenance des matériels électroniques,
- Les mécaniciens d'aéronautique, chargés de l'entretien, des visites et des réglages des organes mécaniques des avions et hélicoptères.
(Les textes et images ci-dessus sont extraits du livre "Marine et Marins" d'André Lambert et Michel Perchoc paru à Marine Editions, 13 Rue du Breil - CS 16311 - 35063 RENNES CEDEX)
LES FUSILIERS MARINS
"Notre spécialité est l'une des plus belles, car elle donne à l'homme une large priorité sur la technique ... Tous les fusiliers marins sont fiers de l'être ou de l'avoir été !" (Amiral Fuseau)
Les fusiliers sont chargés de combattre au sein d'unités constituées : commandos, compagnies de fusiliers-marins. Ils sont responsables de l'organisation de la protection des navires et formations à terre, en utilisant les armes d'infanterie. Ils prêtent à bord ou à terre leur concours à la police des équipages et à leur entraînement militaire et sportif.
A terre, les fusiliers comptent parmi les premiers soldats. Leur fougue, leur entrain, leur aptitude à utiliser le terrain, et aussi cet ardent désir de vaincre partout où ils se trouvent, en font d'excellents fantassins qui se sont toujours distingués dans les situations les plus périlleuses.
A bord des navires, les fusiliers on des respondabilités variées. Spécialistes des armes légères et du combat à terre, ils assument l'encadrement de la brigade de protection, participant, par exemple, à la visite des navires marchands en cas d'embargo ou de blocus. Ils participent également à la mise en oeuvre des armes de petit calibre assurant ainsi l'autodéfense vis-à-vis des embarcations rapides. Ils veillent à l'ordre et à la discipline, encadrent le service courant, constituent les meilleurs moniteurs de sport.
Quant aux commandos, ils sont entraînés pour des raids contre d'autres navires ou contre la terre, dans les diverses "sous-spécialités" de nageur de combat, parachutiste, démineur. Des évènements récents au large de la Somali et sur le territoire de ce pays pour libérer des otages démontrent amplement leur efficacité.
(Le texte et l'image ci-dessus sont extraits du livre "Marine et Marins" de André Lambert et Michel Perchoc
paru à Marine Editions - CS 16311 - 35063 RENNES CEDEX)