LA MISSION CORYMBE
Depuis 19 ans, la Marine Nationale maintient un navire dans le golfe de Guinée au titre de la mission Corymbe. Il s'agit actuellement du Bâtiment de Projection et de Commandement Tonnerre, qui a pris le relais depuis le 2 mars du Transport de Chalands de Débarquement La Foudre.
Corymbe est une mission permanente mise en place en 1990. Depuis cette date, un bâtiment de la Marine Nationale est toujours présent dans le golfe de Guinée, dans une zone qui s'étend du Sénégal au nord des côtes de l'Angola. Il est associé à un avion de patrouille maritime basé à Dakar.
A l'origine, cette mission a été conçue pour entretenir les liens entre la Marine française et les marines des pays francophones du golfe et pour préserver les intérêts économiques français sur la zone, notamment ceux liés à l'exploitation pétrolière. En fait, au fil des années et des évènements, la mission a évolué. Tout en gardant ses buts initiaux, elle prévoit bien d'autres interventions, comme nous allons le voir ci-dessous.
Les bâtiments déployés en Corymbe remplissent maintenant six missions principales :
- Ils se tiennent prêts, en liaison avec les forces françaises prépositionnées, à évacuer en cas de nécessité, les ressortissants français et européens résidant dans les pays du golfe de Guinée.
- Ils conduisent des entraînements mutuels avec les forces françaises stationnées au Gabon (Libreville) et les forces françaises du Cap-Vert (Dakar), notamment à des manoeuvres aéronautiques et amphibies.
- Ils patrouillent de manière ostensible dans les eaux du golfe de Guinée, dans le but de dissuader les actes de piraterie et de brigandage maritime. Ils sont en contact permanent avec les navires de commerce français présents sur la zone dans le cadre du contrôle naval volontaire.
- Corymbe est un moyen pour la France de renforcer son action diplomatique, notamment par l'organisation de rencontres officielles à bord des bâtiments ou des actions civilo-militaires ponctuelles. Elle permet également de former le personnel militaire local par des exercices communs et des périodes d'instruction opérationnelle.
- Enfin, les bâtiments déployés en Corymbe se tiennent prêts à intervenir à tout moment, par exemple dans des opérations de lutte contre le narcotrafic. En 2008, le Tonnerre a saisi plus de 5 tonnes de cocaïne lors de sa précédente mission Corymbe.
Ce texte qui émanait de la Marine Nationale est daté du 10 Avril et donc un peu ancien. Ilconvient de le rmettre à jour : en fait le B.P.C. Tonnerre a passé le relais de la mission à un autre navire le 23 Avril et il fait route certainement maintenant vers son port-base pour un repos bien mérité.
S.N.S.M. : SOCIETE NATIONALE DE SECOURS EN MER
Oui, les marins de la S.N.S.M. , comme les marins des remorqueurs de Haute Mer sont réellement de vrais marins : ils ne partent en mer que lorsque la tempête fait rage et qu'il y a des bateaux en danger. Et je tiens à rendre hommage à ces marins d'excellence, et en particulier à ceux de la S.N.S.M. qui sont tous des bénévoles.
Leurs seul souci, c'est de sauver des vies.
Un exemple ? Le 18 novembre 2008, le CROSS signale deux personnes de 68 ans à bord de l'Ombre, un voilier de 8 mètres échoué sur les rochers entre le fort Enet et Fourras, pointe de la Fumée. Pierre Privat, président de la station SNSM de l'Ile d'Aix, connaît bien ce secteur, les fonds et les courants.
La SNS 288 Pierre Fleury informe le Cross et appareille à 18 heures. Sur zone, les sauveteurs mouillent à 300 mètres au vent du voilier et tentent en approche avec l'annexe (un petit canot), très difficile à cause des faibles fonds et le vent souffle force 5 dans deux mètres d'eau. Ils embarquent l'épouse du skipper, une Autrichienne très agitée et parlant mal le français. La SNS 288 tente de se rapprocher pour passer la remorque mais il y a trop peu de fond et cela mettrait la vedette en danger. Le Cross décide de faire hélitreuiller le skipper qui refuse l'assistance des sauveteurs. La SNS 288 reste sur zone pour indiquer la route à l'hélicoptère et éclairer le voilier avec son projecteur. Ils ne peuvent plus communiquer avec le skipper car il n'a pas de VHF et son épouse a débarqué en emportant le portable dans sa poche... Une fois le skipper hélitreuillé, le pilote demande aux sauveteurs de ramener son épouse à l'Ile d'Aix où il va se poser pour l'embarquer. Comme il n'y a pas de voiture sur l'île, Pierre Privat prend son vélo et emmène sur son porte-bagages l'épouse du skipper (qui ne sait pas faire du vélo) jusqu'à le DZ (Drop Zone) où l'hélicoptère se pose.
Les sauveteurs sont de retour à 22 h 30, heureux d'avoir sauvé deux personnes, mais déçus d'être rentrés sans le voilier. Il faut vider l'eau embarquée pendant les différentes manoeuvres pour tenter de s'approcher du voilier.
Peu avant 9 heures, le 19, le CROSS appelle la station pour dire que les naufragés de la veille, sortis de l'hôpital de La Rochelle, viennent de voir leur voilier partir à la dérive vers Oléron. Quinze minutes plus tard, la SNS 288 reprend la mer. Les sauveteurs arrivent sur zone, dans l'ouest de l'île Madame et s'approchent avec prudence, le sondeur indiquant 2 mètres. Ils inspectent le voilier qui contient beaucoup d'eau et le sécurisent sur corps-mort après avoir pompé près de 1 000 litres d'eau ... Le propriétaire et sa femme ayant rejoint l'Ile d'Aix, les sauveteurs les conduisent à bord de l'Ombre et vérifient le bon fonctionnement du moteur avant de rentrer au port.
C'est pas du dévouement, ça ? Et tout cela gracieusement, sans accepter le moindre pourboire et malheureusement, trop souvent, avec des reproches (quand ce ne sont pas des actions en justice) parce que au cours des manoeuvres, dans un temps épouvantable, les gars de la SNSM ont légèrement détérioré le bateau des imprudents.
Incroyable, direz-vous ? Eh bien, c'est peut-être incroyable, mais c'est vrai !!!
Alors, BRAVO LA S.N.S.M. QUI NE PEUT FONCTIONNER QUE GRACE AUX DONS QUE VEULENT BIEN LUI FAIRE LES GENS COMME NOUS QUI SAVENT QUE CE N'EST PAS DE L'ARGENT JETE PAR LES FENETRES. Alors, faites comme nous, soyez généreux pour la SNSM, ils ont besoin de nos dons pour renouveler leurs vedettes, pour acheter du matériel de sauvetage, pour continuer à sauver des vies, quoi !
(Le récit du sauvetage a été relevé sur la revue trimestrielle SAUVETAGE n° 108 éditée par la SNSM)
Je suis à la disposition de toute personne désireuse d'aider la SNSM pour lui communiquer l'adresse à laquelle elle peut envoyer ses dons. Passer un message à amicalemarine.dijon@gmail.com
Dans l'un de mes textes déjà ancien, j'avais parlé des besoins de recrutement de la Marine Nationale, ces besoins s'évaluant à environ 3 500 postes par an, répartis dans toutes les spécialités, c'est-à-dire aussi bien pilotes d'aéro ou d'hélicoptère embarqués sur le porte-avion ou les B.P.C. (bâtiment de projection et de commandement) ou les frégates, puisque maintenant tous les navires un peu importants de la Marine comportent au moins un hélicoptère, voire plusieurs, que cuisiniers, secrétaires, électriciens, électroniciens, etc ... Toutes les spécialités sont concernées, soit une cinquantaine de métiers.
La Marine est donc un acteur d'importance du marché de l'emploi mais cette réalité est quelque peu méconnue. Peu de jeunes, comme peu de parents, imaginent la passionnante diversité des parcours proposés.
La passion de la mer, le service public, l'esprit d'équipage, des métiers hors du commun ... sans parler de la vie d'un marin qui, elle aussi, a un aspect peu ordinaire. Ce sont des atouts que la Marine doit faire connaître, et pas seulement dans les régions littorales. Pour des "continentaux" (comme je l'étais à l'époque où je me suis engagé, et comme je le suis d'ailleurs redevenu), la passion de la mer n'est naturellement pas évidente au départ. Mais, pour l'avoir vécu, je puis affirmer qu'on l'acquiert très vite lorsqu' on a navigué quelques années. Et lorsqu'on a quitté cette vie pour redevenir un terrien, on n'oubliera jamais les éléments contre lesquels on a combattu, les paysages somptueux que l'on a vus, les pays et les sites que l'on a visités et, c'est l'esprit d'équipage, les fortes amitiés que nous avons noués pendant ces années. En un mot, on reste marin pour ce qui nous reste à vivre.
Alors, jeunes gens et jeunes filles de 16 à 29 ans qui voulez vivre autrement, qui avez un minimum d'instruction (de 3ème au bac + 5), allez rendre visite au Centre d'Information Régional des Forces Armées (bureau Marine Nationale), le CIRFA qui est la nouvlle dénommination du BICM, de votre ville ou de la ville la plus proche. Vous y serez renseignés sur vos possibilités de rejoindre la Marine.
Quittons pour un instant les choses sérieuses, pour nous livrer à un petit divertissement.
Il y a quelques temps, pour m'amuser, j'ai composé une chanson, que j'ai baptisée "Comment croire", et qui est, comme son titre l'indique, à chanter sur l'air de "La complainte de Pablo Neruda" du répertoire de Jean Ferrat.
Oh, elle n'a pas grande valeur littéraire, elle n'en a même pas du tout, mais on peut toujours se distraire !
Le refrain : Comment croire, comment croire,
Que l'on a pu vivre ça.
On n'a pas connu la gloire,
Mais quels souvenirs on a !
1er couplet : C'était la vie militaire
Ca nous gênait nullement
On était tous volontaires
Pour respecter l'règlement.
On était disciplinés
Même si, de temps en temps,
On prenait des libertés,
Ce n'était pas bien méchant.
2ème couplet : La tenue règlementaire,
C'était bachi et pompon,
Le col bleu, la fourragère,
Et le pantalon à pont.
En hiver, notre uniforme :
La vareuse et le caban.
Pour l'été, c'était la norme,
On était vêtus de blanc.
3ème couplet : On a connu les tempêtes
Et les jours de calme plat.
Aux escales, c'était la fête :
La boisson et les ébats.
On rentrait sur le navire
Quelquefois en titubant,
La coupée fallait franchir,
Ce n'était pas évident.
4ème couplet : On a beaucoup bourlingué,
Sillonné les océans,
Et puis, on s'est fatigués.
C'est pour ça qu'on est maintenant,
Membre de notre Amicale
De marins sur le retour.
Nous, anciens de la Royale,
On s'en souviendra toujours.
Chers lecteurs, vous pouvez chanter cette modeste chanson, en privé et même en public, je ne vous demanderai pas de droits d'auteur.
Nous entrons là dans le domaine de l'AERONAUTIQUE NAVALE qui est une composante oh combien importante de la Marine Nationale, avec son porte-avions le "Charles De Gaulle" et (peut-être, un jour) un second porte-avions qui nous serait si nécessaire.
Nous passerons sur des spécialités vraiment particulières, telles que le personnel volant qui ne concerne pratiquement que des officiers ou, au moins des gradés ayant déjà une longue carrière derrière eux, pour ne parler que des spécialités rapidement et directement accessibles aux jeunes.
LES MANOEUVRIER D'AERONAUTIQUE
Le personnel "manutention d'aéronautique" participe à la mise en oeuvre et au déplacement des aéronefs embarqués Il a un emploi de manutention et de sécurité aéronautique sur les bâtiments porte-aéronefs, tel que les porte-avions, les transports de chalands de débarquement sur lesquels on trouve des aéronefs de l'armée de terre, les porte-hélicoptères, les frégates, les bâtiments de soutien. Tous les navires entrant en service aujourd'hui sont équipés d'hélicoptères : ceux-ci leur confèrent énormément de capacités opérationnelles et logistiques supplémentaires.
Le personnel de pont d'envol sur le porte-avions obéit à un ballet parfaitement orchestré. Les ordres sont transmis soit par des haut-parleurs, soit par radios portatives, soit par gestes. Chacun est reconnaissable à la couleur de son maillot et porte une très large ceinture de cuivre pour protéger les reins des trépidations.
LA MAINTENANCE AERONAUTIQUE
La famille "maintenance aéronautique" comprend trois spécialités distinctes :
- Les électromécaniciens d'aéronautique, spécialité qui comprend deux branches : celle qui veille au bon fonctionnement de bord, et celle de l'armement, chargée des missiles, canons et autres systèmes d'armes,
- Les électoniciens d'aéronautique, qui assurent la maintenance des matériels électroniques,
- Les mécaniciens d'aéronautique, chargés de l'entretien, des visites et des réglages des organes mécaniques des avions et hélicoptères.
(Les textes et images ci-dessus sont extraits du livre "Marine et Marins" d'André Lambert et Michel Perchoc paru à Marine Editions, 13 Rue du Breil - CS 16311 - 35063 RENNES CEDEX)
LES FUSILIERS MARINS
"Notre spécialité est l'une des plus belles, car elle donne à l'homme une large priorité sur la technique ... Tous les fusiliers marins sont fiers de l'être ou de l'avoir été !" (Amiral Fuseau)
Les fusiliers sont chargés de combattre au sein d'unités constituées : commandos, compagnies de fusiliers-marins. Ils sont responsables de l'organisation de la protection des navires et formations à terre, en utilisant les armes d'infanterie. Ils prêtent à bord ou à terre leur concours à la police des équipages et à leur entraînement militaire et sportif.
A terre, les fusiliers comptent parmi les premiers soldats. Leur fougue, leur entrain, leur aptitude à utiliser le terrain, et aussi cet ardent désir de vaincre partout où ils se trouvent, en font d'excellents fantassins qui se sont toujours distingués dans les situations les plus périlleuses.
A bord des navires, les fusiliers on des respondabilités variées. Spécialistes des armes légères et du combat à terre, ils assument l'encadrement de la brigade de protection, participant, par exemple, à la visite des navires marchands en cas d'embargo ou de blocus. Ils participent également à la mise en oeuvre des armes de petit calibre assurant ainsi l'autodéfense vis-à-vis des embarcations rapides. Ils veillent à l'ordre et à la discipline, encadrent le service courant, constituent les meilleurs moniteurs de sport.
Quant aux commandos, ils sont entraînés pour des raids contre d'autres navires ou contre la terre, dans les diverses "sous-spécialités" de nageur de combat, parachutiste, démineur. Des évènements récents au large de la Somali et sur le territoire de ce pays pour libérer des otages démontrent amplement leur efficacité.
(Le texte et l'image ci-dessus sont extraits du livre "Marine et Marins" de André Lambert et Michel Perchoc
paru à Marine Editions - CS 16311 - 35063 RENNES CEDEX)