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Vous vous demandez à quoi correspond ce signe : Q790 ? La photo ci-contre doit vous mettre sur la voie, mais je vous explique.
Lorsqu'un bateau est retiré du service et mis à la réforme en raison de son âge, les services de la Marine lui retirent tous les appareils et armements qui en faisaient un bateau, et à plus forte raison un bateau de guerre. Et on lui retire également son nom de baptème.On dit qu'il est "désarmé". Il ne reste donc plus, après ce désarmement, qu'une coque vide et déshabillée, et c'est cette coque nue qui est rebaptisée par une lettre et un numéro. Le n° Q790 est en fait le nom de la coque de l'ancien porte-avions Clémenceau.
Tout le monde se souvient certainement de la triste épopée de ce bateau désarmé qui devait être déconstruit en Inde, et des actions entreprises par Greenpeace et une autre association écologique, amplement relayées par les médias, pour empêcher cette déconstruction et pour le faire revenir en France. Il était donc revenu et depuis son retour, il était "stocké" dans l'arsenal de Brest. Il était évident qu'il ne pouvait pas rester indéfiniment dans un coin de l'arsenal à rouiller et déparer le paysage. Je rappelle néanmoins que le Q790 avait été partiellement désamianté à Toulon avant son départ pour l'Inde, puisqu'on lui avait retiré toute l'amiante accessible avant déconstruction.
Le ministère de la défense avait par conséquent lancé en 2007 un appel d'offres pour son démantèlement en Europe. C'est la société britannique Able UK qui avait emporté le marché devant notamment un opérateur français. Ils ne restait plus qu'à remorquer le Q790 jusqu'à Hartlepool, dans le nord-est de l'Angleterre, où se trouve le chantier.
Mais là, d'autres asscociations écologiques se sont manifestées : Fiends of Hartlpool, qui engageait une procédure judiciaire pour empêcher l'implantation d'une filière de déconstruction de navires. Procédure rejetée par la justice anglaise. Puis une association française, AE2D, située dans le Finistère, déposait un recours devant le tribunal administratif de Rennes pour s'opposer au départ du navire, contestant la compétence du chantier britannique à effectuer sa déconstruction dans le respect des normes environnementales. Recours rejeté par le tribunal administratif. Puis nouveau recours concernant des algues qui s'étaient collées à la coque du bateau et qu'il était exigé d'enlever. Finalement, le Q790 a été remorqué en Angleterre et se trouve à Hartlpool. Bien entendu, la presse s'est étendue largement sur ces avatars et sur les difficultés rencontrées par le gouvernement français pour parvenir à une solution concernant l'ex-Clémenceau.
Dans même temps, en parallèle avec le tintamarre et l'amoncellement d'exigences et de "peaux de bananes" dont l'ex-porte-avions était l'objet, l'ancien paquebot France, devenu
le Norway, était envoyé en Inde pour déconstruction. A signaler qu'il n'avait pas été désamianté du tout avant son départ et qu'il comportait encore plus d'amiante que notre Q790. Et curieusement, cet acheminement du Norway en Inde n'a provoqué qu'un silence assourdissant de la part des associations écologiques, Greenpeace en tête, qui s'en sont royalement désintéressées. Et quelques murmures à peine audibles des médias. Pourtant le Norway allait être désamianté et déconstruit dans le même chantier où le Q790 devait l'être, par les mêmes ouvriers, mais dans des conditions techniques bien différentes puisque, il faut le rappeler, la France avait prévu, dans le contrat de déconstruction de l'ex-Clémenceau, la fourniture de toutes les protections nécessaires aux ouvriers pour le désamiantage et la présence de spécialistes français sur place pour veiller au respect des procédures de sécurité.
Ne trouvez-vous pas curieux ce silence des associations écologiques qui étaient si virulentes contre le départ du Q790 ? Devrait-on en conclure que tout le tintamarre de ces associations, de ces justiciers, de ces Don-Quichotte, était soigneusement orchestré et orienté contre le gouvernement français et la Marine française ? Bizarre que ce qui était considéré comme inadmissible pour la déconstruction en Inde de l'ex-Clémenceau est devenu maintenant tout à fait normal pour la déconstruction du Norway !
Question : Et s'il y avait de la politique, là-dessous ?
LES MECANICIENS NAVALS
Les Mécaniciens Navals sont chargés de la conduite et de l'entretien des appareils à vapeur, des moteurs à combustion interne, des installations pneumatiques, hydrauliques, frigorifiques du service Energie-Propulsion à bord des navires.
Bien que la propulsion s'automatise de plus en plus, bien que la conduite se simplifie, il se trouve que la compétence du "mécano" doit être de plus en plus grande puisque à son savoir sur la "Machine", c'est-à- dire les moteurs, il doit ajouter une bonne dose de connaissances en automatismes, en informatique, en électricité. La spécialité de mécanicien, c'est avant tout une passion pour la mécanique, pour les moteurs, pour la technologie, le toucher avec la matière, le façonnage des pièces.
LES ELECTROTECHNICIENS
Ils sont chargés de la mise en oeuvre et de l'entretien des matériels de production et de distribution de l'énergie électrique, de l'immunisation et des équipements de navigation. En outre, ils assurent l'entretien des matériels électriques appartenant aux autres services.
L'électricité à bord d'un navire est omniprésente, elle est utilisée comme auxiliaire pour la propulsion et bientôt ce pourra être comme mode de propulsion, pour le pointage des capteurs et des armes, les monte-charges et les grues, etc ...
Peu des installations électriques du navire leur échappent. Ils gèrent la qualité de la fourniture électrique produite par les groupes par l'intermédiaire des alternateurs et des tableaux force de distribution. Les systèmes électriques dont ils s'occupent sont nombreux, par exemple :
- le système de centrale de navigation inertielle, les gyroscopes qui vont permettre au bateau de garder son cap,
- le système d'immunisation électrique : ce sont des boucles de courant électrique continu faisant partie d'un dispositif destiné à échapper aux mines dont l'explosion est déclenchée par la présence d'un champ magnétique,
- les guindeaux pour virer les aussières, ainsi que le cabestan servant à remonter les chaines d'ancre.
(Ces images et textes sont extraits du livre "MARINE & MARINS" de André Lambert et Michel Perchoc, édité par MARINES EDITIONS - 13 Rue du Breil - CS 16311 35063 RENNES CEDEX)
LES TRANSMETTEURS
La spécialité de Transmetteur comprend en réalité trois métiers de communication :
- Les Transmetteurs sont chargés de l'exploitation et de la mise en oeuvre des liaisons centralisées au sein des postes centraux de télécommunication, baptisés couramment P.C. Telec, situés soit à terre, soit à bord des navires.
- Les Transfilistes s'occupent de la maintenance des matériels filaires, télégraphistes et hertziens. Ils prennent aussi en charge le suuivi des équipements d'informatique générale.
- Les radiotélégraphistes exploitent les liaisons radioélectriques et assument la maintenance des matériels radioélectriques et audiovisuels.
LES ELECTRONICIENS D'ARMES
On les appelle "Elarm". Ils travaillent sur les conduites de tir et les télécommandes des systèmes d'armes missiles et artillerie. Ils sont familiers des techniques les plus récentes en informatique, électronique et automatisme. Ils sont chargés de la mise en oeuvre et de la maintenance de tout le matériel électrique et électronique du service missiles-artillerie, tel que conduites de tir, de guidage, télécommandes, matériels d'optique et de désignation d'objectif.
L'artillerie n'a pas disparu sur les bateaux : elle demeure un moyen de lutte contre avions, contre navires ou contre terre. Mais le missile a quelque peu révolutionné cette spécialité : il est moins gourmand en personnel parce que les logiciels ont pu remplacer les calculs fastidieux et ont miniaturisé les installations. Le numérique a fait son apparition. L'électronicien d'armes a conservé sa compétence d'électricien de puissance, d'électronicien, il est devenu en plus habile en informatique. Une tête bien faite, bien pleine, pour des délais de réaction très brefs.
Les électroniciens d'armes ne sont pas peu fiers de leur savoir en "ique". L'électronique, vous comprenez, ça impose ! Plutôt méthodiques et sérieux, vous les croisez souvent dans les coursives stylo et tournevis apparents. Entrez discrètement dans leurs locaux techniques, vous les trouverez en train de vérifier dans un peitit carnet les valeurs précieusement enregistrées des signaux, des réglages qui permettront d'ouvrir "but" dès la première salve.
(Comme pour toutes les autres notes concernant les spécialités de la Marine, les textes et images sont extraits du livre "MARINES & MARINS" d'André Lambert et Michel Perchoc, édité par MARINES EDITIONS, 13 Rue du Breil - CS 16311 35063 RENNES CEDEX)
LES DETECTEURS
Les détecteurs sont chargés de la mise en oeuvre et de la maintenance des équipements de détection électromagnétique et de guerre électronique tels que lance-leurres, brouilleurs ... Ce sont les veilleurs du navire : ceux qui veillent, jour et nuit, grâce aux radars de veille surface, de veille air et de veille sous-marine (sonar).
Un radar est constitué d'un émetteur et d'un récepteur d'ondes électromagnétiques. L'onde se propage à la vitesse de la lumière et se réfléchit sur tout obstacle solide, métallique ou rocheux. La guerre électronique consiste à utiliser uniquement des capteurs passifs (n'émettant pas d'émissions) qui écoutent les émissions radars ou radio adverses. L'ensemble de ces matériels passifs ou actifs, intelligents et agiles, permet de recueillir une information qui est traitée, analysée, comparée aux données recueillies par les amis et alliés. Les détecteurs mettent ainsi en oeuvre des systèmes complexes, à la pointe de la technologie, et vivent au coeur de l'action au sein du Central Opérations.
L'exemple du Porte-Avions Charles De Gaulle : La mise en oeuvre des avions à 800 kilomètres du porte-avions nécessite bien évidemment un arsenal d'équipements exploités par les détecteurs. Le Senit 8, capable de traiter 2 000 pistes ou échos simultanément est le système d'exploitation naval des informations tactiques. Recueil traitement, analyse, évaluation de la menace, surveillance de la zone d'action par échanges en temps réel des informations obtenues par toutes les unités du groupe aéronaval : frégates, avions, sous-marins. Deux radars de navigation, un radar de conduite de tir pour les missiles antimissiles, un radar multifonctions tridimensionnel d'une portée de 360 kms, un nouveau radar de veille air lontaine, un radar de veille air-surface basse altitude et un équipement de veille omnidirectionnelle infrarouge.
Aucun doute, les détecteurs ont de quoi s'occuper à bord du porte-avions !!!
(Extraits du texte et image relevés dans le livre MARINE & MARINS de André LAMBERT et Michel PERCHOC, édité par MARINE EDITIONS, 13 Eue du Breil - CS 16311 35063 RENNES CEDEX)