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LES MECANICIENS NAVALS
Les Mécaniciens Navals sont chargés de la conduite et de l'entretien des appareils à vapeur, des moteurs à combustion interne, des installations pneumatiques, hydrauliques, frigorifiques du service Energie-Propulsion à bord des navires.
Bien que la propulsion s'automatise de plus en plus, bien que la conduite se simplifie, il se trouve que la compétence du "mécano" doit être de plus en plus grande puisque à son savoir sur la "Machine", c'est-à- dire les moteurs, il doit ajouter une bonne dose de connaissances en automatismes, en informatique, en électricité. La spécialité de mécanicien, c'est avant tout une passion pour la mécanique, pour les moteurs, pour la technologie, le toucher avec la matière, le façonnage des pièces.
LES ELECTROTECHNICIENS
Ils sont chargés de la mise en oeuvre et de l'entretien des matériels de production et de distribution de l'énergie électrique, de l'immunisation et des équipements de navigation. En outre, ils assurent l'entretien des matériels électriques appartenant aux autres services.
L'électricité à bord d'un navire est omniprésente, elle est utilisée comme auxiliaire pour la propulsion et bientôt ce pourra être comme mode de propulsion, pour le pointage des capteurs et des armes, les monte-charges et les grues, etc ...
Peu des installations électriques du navire leur échappent. Ils gèrent la qualité de la fourniture électrique produite par les groupes par l'intermédiaire des alternateurs et des tableaux force de distribution. Les systèmes électriques dont ils s'occupent sont nombreux, par exemple :
- le système de centrale de navigation inertielle, les gyroscopes qui vont permettre au bateau de garder son cap,
- le système d'immunisation électrique : ce sont des boucles de courant électrique continu faisant partie d'un dispositif destiné à échapper aux mines dont l'explosion est déclenchée par la présence d'un champ magnétique,
- les guindeaux pour virer les aussières, ainsi que le cabestan servant à remonter les chaines d'ancre.
(Ces images et textes sont extraits du livre "MARINE & MARINS" de André Lambert et Michel Perchoc, édité par MARINES EDITIONS - 13 Rue du Breil - CS 16311 35063 RENNES CEDEX)
A plusieurs reprises, il m'est arrivé de contempler avec beaucoup de tristesse des bateaux "désarmés", c'est-à- dire retirés du service actif et destinés à la démolition.
L'émotion que j'ai ressentie à la vue de ces bateaux croupissant dans des darses isolées, voués à l'abandon et à la rouille, que personne ne regarde plus, m'a inspiré ce poême à la mémoire de ces navires et aussi des équipages qui les ont fait vivre.
Je l'ai intitulé : "Les Vieilles coques"
Ils furent la fierté, l'orgueil des équipages
Qui, ostensiblement, portaient sur leurs bachis
Leurs noms prestigieux, sonnant comme un hommage
Aux héros de l'Histoire de notre beau Pays.
Maintenant ils sont là, au milieu d'une darse,
Abandonnés de tous, silencieux et déserts,
Rongés jusqu'au bordage par la rouille vorace
Amarrés à des coffres par de vieilles aussières.
Ils ne connaîtront plus le bruit des cavalcades
Des marins appelés à leurs rassemblements,
Pas plus qu'ils n'entendront les curieuses aubades
Du clairon ponctuant les divers mouvements.
On les a dépouillés de tout leur armement.
Enlevés les canons et rampes de missiles,
Et de la passerelle aussi les instruments
Ont été débarqués, devenus inutiles.
Désormais, ils ne servent qu'à percher les oiseaux.
Mouettes et cormorans, dans les superstructures
Prennent toutes leurs aises, souillant de leur guano
Les ponts, les plate-formes, de leurs éclaboussures.
Les seuls bruits qu'on entend dans ces ultimes coques
C'est le sifflet du vent, les tôles qui gémissent.
De lugubres chansons dans de lugubres coques,
Les plaintes de bateaux prêts pour le sacrifice.
Je les ai contemplé pendant un certain temps,
Les imaginant neufs et tout frais de peinture,
Fendant les océans, pavillons aux haubans,
L'équipage à la bande jusque dans la mature.
Et j'ai été saisi d'une infinie tristesse.
Quand on casse un bateau, on détruit un passé
De généreux marins au fort de leur jeunesse
Auxquels ne restent plus que leurs yeux pour pleurer.
Et j'ai philosophé sur leur sort si cruel, en faisant abstration de la vie (et de l'avis) des marins :
Est-ce bien le destin d'un navire de guerre
De terminer sa vie à l'état de ferraille ?
N'eut-il pas préféré, navigant sur les mers,
Couler pavillon haut au cours d'une bataille ?
Bernard MALTER 14 décembre 2002